Souvenir

Te souviens-tu du temps où nous étions heureux? Nous allions sur des routes mystérieuses où les délices de la vie étaient paysages étonnants. Tu étais navire et moi capitaine.

-Sauvez le, Saluez le!

Et de ces temps où nous étions amoureux? Tu étais chef d’orchestre et moi ta mélodie silencieuse. Tu étais champ de guerre, j’étais enfant-soldat pétrifié devant d’horrifiantes beautés. Du pourpre coulait dans nos veines, du pourpre salissait nos peines, du pourpre condamné notre poésie malsaine.

Tu m’appelais âme en cœur, âme-cœur, cœur d’âme comme les cris d’un naufragé tombé en mer. Là dans ces écueils où tu t’étais échoué, tu m’appelais. Et moi, je te voyais te cramponnais à moi comme à une bouée de sauvetage. Espérais-tu te sauvé, te noyé, nous sauvés, nous noyés?

On te disait aveugle, oublié des dieux, toi qui cherchais à vivre le non-vécu, l’inconnu, le méconnu, l’absolu, l’irrésolu. Tu te disais immortel, tu étais immoral. Et moi, la pauvre âme, je te suivais.

As-tu encore en tête nos délires radieux? Ces cieux! –Quels cieux? Ceux qui se dessinent de mers-soleils. –Chut, que c’est merveilleux.

Commentaires

« Page PrécédantePage Suivante »