Je

“Je est un autre“
Arthur Rimbaud
J’aimerais exister, me sentir vivre, sans pour autant me sentir mort. J’aimerais pouvoir respirer, sans avoir peur de que ce soit mon dernier souffle. Je voudrais pardonner ce monde trop froid, trop brutal, trop clair, trop chaud, trop doux, trop grand. Je voudrais me faire pardonner d’être trop froid, trop brutal, trop clair, trop chaud, trop doux, trop grand. Je vois les paradis que j’ai dessinés dans ce tableau inachevé, je ne peux m’empêcher de sourire, pleurer, trembler devant l’horrifiante beauté qu’est ma vie.
J’adorais avoir un jardin de roses roses, rouges, et blanches, pour qu’ils donnent des roses tricolores. J’étais innocent, prudent, voyant, futé, amusant sans savoir qui j’étais vraiment. Je suis un être difforme, avec plusieurs démons qui se partagent une même âme, des fantômes sans cœur qui malmène le mien. Je rêve noir, blanc, rouge, bleu et vert.
Mais alors pourquoi je vie en noir et blanc, en bien et mal. J’existe sans vraiment savoir ce que ça signifie. Je meurs sans vraiment savoir combien de temps j’ai vécu. Je disparais dans le ciel obscure de ce monde, ai-je briller dans le ciel de quelqu’un? Fichtre. Je serais mon étoile. Mon ciel. Mon monde. Je serais mon dieu. Ma vie. Ma mort. Mon amour, ma haine. Mon soleil.
Mais..Je est un autre.
Claudia Guerra said,
février 23, 2007 @ 20:50
“horrifiante beauté qu’est ma vie”
J’aime beaucoup ce bout de phrase. La peur de vivre est vraiment quelque chose d’insupportable. Surtout quand la vie est belle, savoir la reconnaître et l’accepter comme telle n’est pas toujours plus facile. J’essaie de comprendre pourquoi d’ailleurs. Je ne sais donc pas exactement ce que tu voulais dire, mais je m’y efforce d’y refléchir et de saisir toute la richesse de cette phrase et de ses contradictions!
Bref, à part: Bravo pour ce blog, c’est un projet très intéressan, je vous encourage fortement à continuer! Et j’aurai plaisir à le visiter régulièrement!
kris said,
février 24, 2007 @ 14:39
“Trembler devant l’horrifiante beauté qu’est ma vie.”
Je suis tout à fait d’accord avec Claudia Guerra… Je n’en dirai pas plus, je ne ferais pas mieux
“Ai-je briller dans le ciel de quelqu’un ?”
Pourvu qu’à la fin, la réponse soit OUI !!!!
Je prendrai le :
“I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes…”
A.R.
C’est encore très beau, R… au coeur d’Ange
Le Fou said,
février 24, 2007 @ 15:16
Quote: Je prendrai le :
“I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes…”
A.R.
Je ne comprend pas ce que tu voulais dire…
kris said,
février 24, 2007 @ 15:46
A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,
Golfes d’ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;
U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ;
O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges ;
- O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !
Arthur Rimbaud
Le Fou said,
février 24, 2007 @ 15:52
:), l’homme qui voulu crée une nouvelle poésie, de nouvelles couleurs!
J’aurais du reconnaître.. en effet..
kris said,
février 26, 2007 @ 3:22
Ben alors Coeur d’Ange, je croyais que tu me faisais marcher !
Les Pages du Fou » Je, tu… said,
mars 24, 2007 @ 10:59
[...] “Je vois les paradis que j’ai dessinés dans ce tableau inachevé, je ne peux m’empêcher de sourire, pleurer, trembler devant l’horrifiante beauté qu’est ma vie.” Le Fou, extrait de Je [...]