Mes nuits blanches
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Dans mes nuits blanches
il y a des Apalaches
des natures mortes
et des chansons tristes…
L’air est lourd. Ma tête aussi. Elle me pèse, mais je m’en fiche, je suis dans mon paradis artificiel. Un verre à la main, je vide ce qu’il reste et la remplit de nouveau. Je m’allume un cigarillos, jette un coup d’oeil derrière moi et apperçoit qu’il ne reste que moi dans ce petit bar minable.Dans ce verre. C’est là que tous mes illusions sont venu mourir. Peuf-Peuf. La fumée s’envole légèrement autour de moi et me replonge dans mon monde sinistre. J’ai mon cahier, là ouvert, une page blanche, qui attend impatiemment que je la nourisse de ma véhémence, de colère noir ou de joie insolite. Par la fenêtre, je vois des gens qui passent. Des ombres. Tous. Ils vivent sans réellement savoir ce que c’est. Ils marchent sans savoir où ils vont. Qui sont-ils? Que sont-ils? Ce sont-ils déjà posé la question? Peuf-Peuf.
Je décide d’écrire. Je laisse ma main dessiner ce monde laid, noir, froid.
“La routine. Ils sont tous sous le joug de leur petit train-train quotidien. Tout fout le camp. Et eux, ils restent là , à vivre leur petit vie autour de leur petit nombril. Plus rien, il n’y a rien dans leur regard. Ils sont morts avant même d’avoir vu le jour. Leur âme pourrit. Je peux sentir la puanteur de leurs illusions, la corpulence de ces esprits trop longtemps coupés de leurs sens: eux qui croient voir, ils sont aveugles à leur propre souffrance; eux qui croient entendre, ils sont sourd à ce bruyant tapagge qu’ils font: eux qui croient goûter, ils ont oublié le goût de la liberté d’esprit, de la gloire des Lettres, de toute puissance de l’homme-qui-pense; eux qui croient ressentir, aujourd’hui rien ne peut plus les ebranlés, même leur propre perte. Ces hommes. Qu’ils sont laids. Pitoyables.
Sombre monde. Froide mélodie. Noir humanité.“
Je lève mon verre et avale une nouvelle gorgée. La serveuse jette un coup d’oeil vers moi, histoire de savoir si je finis bientôt. Je lui fais un sourir. Elle a une sacré pair de nichons. Peuf-Peuf. Le cigarillos va s’éteindre bientôt. J’avale une nouvelle bouffé d’air. Peuf-Peuf. Je continue de regarder les ombres qui passent derrière la vitrine. C’est la guerre. Même dans cet Amérique idéaliste, qu’on disait super puissante. Les hommes livrent une lutte à ce qu’ils sont. S’empiffre de ces graisseuses illusions et finissent par s’en rendre malade. L’un rêve d’argent. L’autre de trouvé une chatte dans laquelle se vider. Et celui-là il a juste faim. Moi, je rêve tout court. Je rêve d’un monde gaie, beau, loin de tout ces cons qui m’entoure. Je finis ma Page:
“Lorsque j’étais môme, ma mère m’a dit: Rêve haut, pour ne pas réaliser trop bas. Au début, je n’ai pas compris tout de suite ce qu’elle voulait dire. Maintenant je comprend plus. Les gens, quand on les regarde qui vivent leur vie minable, sans réel ambition, sans vouloir changer leur condition médiocre, sans vouloir fuir leur souffrance, ils n’osent pas rêver. Ils rêvent bas et donc réalise rien. Depuis, je sais que rien n’est impossible à celui qui rêve. Je serais donc un rêveur. J’illuminerais le monde par cela. Je serais une étoile, qui brillera dans ces ombres.“
Peuf-Peuf. J’écrase mon cigarillos. Putain. Je finirais pas comme ce clochard que j’ai vu plutôt dans la journée. Il était là , seul, debout au milieu de la rue avec cette pancarte: “Please I’m hungry. Give me food“. Dans ces yeux, j’y ai vu rien. Vraiment. Il n’avait pas espoir qu’on lui donne de l’argent, ou de la nourriture. Il n’avait pas espoir qu’un jour il s’en sortirait. Il était pauvre. Il le savait et se contentait seulement d’être un mot. Parce que les pensants, ils le disaient ce mot, ils le criaient à qui voulait bien l’entendre: “Minable“. T’es rien qu’un trou de cul. Tu finira comme tous les autres. Pauvre con. T’es nul.
C’était un mot qui n’avait pas besoin de se dire. On pouvait juste le lire dans leur regard, leur manière de changer de pavée, de refermer la fenêtre de leur auto. Ce clochard. Il était vraiment minable.
Je me lève, fait signe à la serveuse de venir ramasser. Je lui laisse 20$ de tip et je sors. Dehors, il fait froid. C’est la nuit. Sur ma montre: 2h50. Je referme mon manteau et marche parmi les ombres. Non loin de là . Le même clochard. Il semblait dormir. Il n’avait pas manger. Sa pancarte était par terre. Il semblait dormir. Il était mort.
Minable, même pas foutu de vivre…
K-sh.
Laure said,
décembre 20, 2006 @ 19:41
Mon beau salaud!
Lilytea said,
décembre 21, 2006 @ 20:09
Ok, je préfère penser que c’était sarcastique.
Cashmire said,
décembre 21, 2006 @ 20:10
Provoquant et Provocateur… vas au-delà de ce qui a été écris!
Laure, ma garce je t’étrippe ce soir!